Les feuilles commencent à tomber, l’énergie des arbres retourne aux racines, si vous êtes dans une région où les hivers ne sont pas trop froids, il est temps de mettre en terre vos arbres fruitiers. Afin de vous assurer la meilleure reprise possible et une croissance vigoureuse voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté. 

1. Personne n’aime être à l’étroit 

Je ne parle pas ici de la proximité de vos plantes puisqu’une méthode prône ses bénéfices (Voir notre article sur la méthode Miyawaki). Je parle ici de la taille du trou dans lequel vous allez placer votre arbre. “On ne fera jamais trop grand trou pour mettre un petit arbre” devrait dire un dicton populaire. Jusqu’ici, rien de très sorcier, pour vous assurer une bonne reprise et une croissance soutenue, plus votre trou de plantation peut être grand, plus votre arbre sera heureux et vigoureux. C’est cet ameublement de la terre qui va lui permettre de développer rapidement ses racines. Trois fois la largeur et trois fois la profondeur du pot dans lequel il se trouvait est une bonne valeur. Richard Perkins dans sa ferme en Suède en a fait l’expérience… et puisque les images parlent mieux que les mots, voyez plutôt ces deux arbres de la même espèce, plantés dans deux trous de tailles radicalement différentes quelques années plus tard. 

2. Du compost de qualité

Mélanger du compost à la terre issue du trou fraîchement creusé. Ceci est essentiel pour s’assurer que votre arbre aura à disposition des nutriments en suffisamment grande quantité dans les premiers mois. Ce compost ne va pas uniquement jouer le rôle de fertilisation, selon sa nature, il va également venir apporter une multitude de micro-organismes essentiels qui viendront coloniser la rhizosphère du jeune arbre et assurer ainsi le bon échange des nutriments dans le sol. Il peut alors être intéressant de rajouter, en plus du compost traditionnel, des cultures de mycorhizes. Quelquefois vendues en solution solubles ou en granulés, ces cultures regroupent une multitude de champignons mycorhiziens qui, en se connectant à votre arbre, créeront des interactions bénéfiques et le protégeront de certaines maladies par exemple. Vous pouvez également faire votre propre culture de mycorhize, nous en parlerons dans un prochain article. 

3. Jouez avec les formes

Une fois votre arbre en terre, voici un petit conseil de paysagisme efficace. Vous pouvez former un petit monticule de terre en forme de banane en aval de votre jeune plant afin de concentrer l’eau au pied de celui-ci. Ou bien faire en sorte que votre arbre se trouve dans une petite cuve qui collectera plus d’eau de pluie. Cette technique que l’on peut observer dans les déserts permettra de concentrer plus d’eau de pluie au pied de votre arbre qui n’en sera que plus heureux. 

4.Mulch, mulch, much !

Il est probable que vous placiez vos arbres sur une prairie, auquel cas la compétition sera la plus rude, il est alors important de couvrir votre sol afin d’empêcher de nouvelles pousses autour du pied. On peut d’abord couvrir le sol avec du car

ton ou bien des tapis de matière organique que l’on peut acheter sur internet. Puis par dessus ce couvert dense, on place un mulch (broyat, feuilles de jardin, branchage fin, etc.) de 30cm sur un rayon d’environ 1 mètre autour du pied de l’arbre. 

5.Protégez ses jeunes années

Pour cette étape, tout dépend de votre situation géographique et de la présence d’animaux sauvages. Si vous craignez pour vos petits arbres, je vous conseille de placer une protection contre les lapins, chevreuils, cerfs et autres animaux qui seraient tentés de grignoter l’écorce de cette plante encore fragile. Certaines protections en plastique rigide peuvent même alors protéger du vent ce qui peut être un argument supplémentaire dans certaines situations. 

 

 

6.Donnez lui de l’eau

Enfin, on n’oubliera surtout pas de bien arroser son arbre après l’avoir planté. A raison de 10 à 20 litres d’eau par arbre, on pourra même y rajouter un peu de thé de lombricompost, ou d’une infusion de saule pour stimuler la reprise racinaire. 

Pour finir, on veillera bien à surveiller son jeune arbre les premières années afin qu’il ne souffre pas de stress lié à un manque d’eau ou bien à le protéger par un voile antigel si de fortes gelées s’annoncent. 

Bonus : du pralin pour vos racines ! 

Si vous plantez votre arbre en racines nues, je vous conseille de faire un pralin dans lequel vous allez tremper les racines de ce dernier avant de le mettre en terre. Il existe toutes sortes de recettes de pralin et chacun à sa recette favorite. En voici une qui pourra vous servir de base pour développer la vôtre en fonction des ingrédients qui vous sont localement disponibles. L’essentiel étant de faire une mixture qui recouvre et protège bien les racines de votre arbre tout en lui apportant un peu de nutriments. 

Dans une bassine profonde, versez quelques poignées de terre souple (la terre des taupinières est une bonne source). Si vous avez à disposition de l’argile vous pouvez rajouter une à deux poignées d’argile séchée et concassée le plus fin possible. A cela rajouter de la bouse de vache ou bien du compost bien mûr. A ce stade on peut rajouter des mycorhizes dont nous parlerons dans l’étape suivante. Une fois le mélange bien homogène vous pouvez tremper les racines nues des arbres avant de les mettre en terre. 

En conclusion…

Avec toutes ces précautions, la reprise au printemps devrait être assurée et l’arrivée des fruits ne saurait tarder. Planter un arbre peut être un moment très stressant pour celui-ci, ces différentes étapes visent donc à réduire au maximum ce stress et lui assurer une reprise rapide et vigoureuse. Si cela peut vous sembler laborieux, souvenez-vous que ces quelques efforts supplémentaires seront récompensés par des dizaines années de fruits et de beauté par ce dernier. Alors croyez moi, le jeu en vaut la chandelle !

Vous avez aimé cet article ? Abonnez vous à la Newsletter du Jardin-forêt !
Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée.

Newsletter